La mise à la terre est un élément obligatoire de l’installation électrique. 

Elle permet de protéger les personnes contre les fuites de courant.

Toutefois, il ne suffit pas d’avoir la terre dans son logement. Ce n’est qu’un —bon— début.

En effet, cette terre doit avoir une valeur bien spécifique (exprimée en Ohms ; unité de mesure de la résistance). La norme NF C 15-100, qui régit les installations électriques dans l’habitat (notamment) impose une valeur de 100 Ohms maximum pour la résistance de la prise de terre.

Il y a une explication bien précise à cela : le phénomène de résistance en électricité. Il concerne tous les matériaux : les fils électriques, bien sûr, mais pas seulement. Il peut s’agir également de la résistance du corps humain. Celle-ci est évaluée entre 1000 et 2000 Ohms, selon l’âge, la taille, l’épaisseur de la peau etc.

La résistance de la terre (on parle parfois de valeur de la prise de terre) se mesure avec un mega-ohmètre (qui va donc donner des résultats en Mega Ohms).

La terre dans une habitation sert à conduire des courants de fuite vers la terre, de manière à protéger les personnes. Et pour les protéger, le meilleur moyen est de conduire ces courants vers la terre, de manière à ce qu’ils ne passent pas dans le corps humain.

Plus la résistance de la prise de terre est petite, plus le courant y passera facilement. (Surtout si la résistance du corps humain est grande. C’est la raison pour laquelle vos enfants sont plus en danger que vous face à l’électricité).

Mais pourquoi 100 Ohms ?

Tout d’abord, c’est lié à une loi physique : la loi d’Ohm. Je ne vais pas la détailler, mais je l’utiliserai un peu plus loin.

Il y a plusieurs niveaux de nocuité en électricité et on considère que la tension maximum à ne jamais dépasser est de 50 V (volts). Au-delà de cette tension, vous êtes en danger. Techniquement, à cette valeur, vous l’êtes déjà.

On a déjà vu que la résistance du corps humain était de 2000 Ohms maximum (un homme, de grande taille, de forte corpulence, à la peau sèche et aux mains calleuses).

Maintenant, voyons les seuils de nocuité du courant alternatif :

  • 20 mA (milliampères) : tétanisation des membres, début de tétanisation de la cage thoracique
  • 30 mA : paralysie respiratoire

Pour information, le temps joue beaucoup aussi et une électrisation de courte durée aura bien moins de conséquences qu’une électrisation longue.

Voyons la suite :

Si on considère qu’on ne doit pas dépasser une tension de 50 volts et que le corps humain à une résistance de 2000 Ohms, grâce à la loi d’Ohm (U=R.I ; Tension : Résistance x Intensité), on trouve que 25mA est le seuil limite de nocuité (danger de mort, en l’occurrence) du courant dans le corps humain. (R=U/I ou U = 50 V et I = 2000 Ohms).

Ajoutez à cela, qu’en tête de votre installation, vous avez un disjoncteur de branchement différentiel (AGCP) qui a un seuil de détection de 500mA.

Je retourne voir la loi d’Ohm (R=U/I), on constate qu’avec un seuil de 50 volts et un seuil de déclenchement à 0,5 A, on A : 50/0,5=100 Ohms.

Cette valeur de résistance de terre est donc celle en-dessous de laquelle vous êtes ‘protégés’.

Refaites le calcul avec une résistance à 20, 50 ou 75 Ohms, vous verrez que la tension qui en résulte est en baisse aussi (10 volts, 25 volts, 37,5 volts)… vous avez donc tout intérêt à ce que la valeur de la prise de terre soit la plus basse possible.

Certains appareils ont également besoin d’une résistance de terre la plus basse possible. Typiquement, votre Zoé refusera de se charger si la résistance de la terre est supérieure à 100 Ohms. Les premiers modèles refuseront même à cette valeur et demanderont une résistance encore plus faible.

ATTENTION : Le différentiel de votre AGCP ne suffit pas à vous protéger !

Il est utilisé comme coupure urgence. Il apporte accessoirement une protection, mais ce seuil est très élevé…

Pour éviter la paralysie ou l’arrêt cardiaque, c’est l’interrupteur différentiel 30mA (obligatoire dans votre Tableau Général Basse Tension) qui est nécessaire.

Si vous voulez vérifier la valeur de votre terre, vous pouvez le faire, mais le matériel est très onéreux.

En revanche, lors de la visite d’un•e électricien•ne, vous pouvez lui demander de le faire.

En outre, si vous êtes au-dessus du seuil de 100 Ohms (surtout l’hiver), un•e électricien•ne saura vous proposer des solutions pour le ramener à la bonne valeur.


2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *